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LE CIR

Le Centre d’Information du Rock et des variétés est une organisation associative qui a amorcé la structuration du rock en France. Son action s’établit sur une dizaine d’années, du milieu des années 80 à celui des années 90.

Historique factuel

Maurice Lidou et Bruno Lion
Maurice Lidou et Bruno Lion

Inventeur du guide-annuaire L’Officiel du Rock, le CIR est formellement créé en 1986, sur un concept initié par Maurice Lidou et Bruno Lion. Mais sa genèse remonte au début des années 80 qui voient se multiplier les associations rock dans les grandes villes de France, à l’instar de Terrapin, concepteur des Rencontres transmusicales de Rennes en 1979. Soucieuses de développer les artistes de leurs régions, ces initiatives se fédèrent au sein d’une coordination nationale — le Réseau Rocks — qui va porter la revendication d’une reconnaissance des « 25.000 groupes de rock en France« .

L’Assemblée constitutive du Centre d’information du Rock est datée du 11 mars 1986 et mentionne quatre signataires. Cette création statutaire est publiée au JO du 16 avril, soit quatre jours après l’évacuation policière de l’Usine éphémère à Montreuil. En mars, Connexions Rocks (la newsletter du Réseau Rocks) avait détaillé la feuille de route, travaillée en amont via la sensibilisation des futurs financeurs.

la newsletter du Réseau Rocks

MINITEL ROCK

Ceci fait, la structure s’installe dans des locaux « provisoires » avenue Paul Doumer à Paris et commence à travailler sur les « fichiers du rock » destinés à nourrir le service télématique 36.15 CRock, puis, en juillet, celui de « Décibels » (l’émission nationale de FR3 qui reprend les tournages de “clips” réalisés par ses stations régionales) ainsi que celui du Nouvel Obs.

Quelques premières « embauches » utilisent les dispositifs TUC, Jeune Volontaire, CES… et ne commencent qu’en toute fin d’année, voire en 87. On y croise Stéphane Davet (qui deviendra journaliste au Monde et aux Inrockuptibles), Norbert Le Guénédal (qui créera l’agence graphique Bronx), et Denis Turmel (futur directeur du Zénith de Nantes) chargé d’établir des partenariats pour faire gagner des instruments…

Le travail de recensement des acteurs et des structures du rock produit des milliers de fiches, formatées pour l’écran minitel. Gilles Castagnac, recruté comme rédacteur en chef, établit une nomenclature qui les classe par activités. Cela donne plusieurs dizaines de rubriques qui embrassent toute la culture rock, disquaires et boutiques de fringues comprises.

Son ancrage territorial s’appuie sur l’établissement d’un réseau de « correspondants » régionaux, souvent installés dans des Centre d’Information Jeunesse et suivis par les associations rocks locales impliquées (comme le Doc’Rock du CIJA de Bordeaux initié par Didier Estèbe, manager de Noir Désir). Ce montage est rendu possible par la mise à disposition d’une quinzaine de postes SIVP à répartir en régions. Car les initiateurs du CIR affichent un atout majeur, ils dialoguent avec l’institution. Le projet est soutenu par les ministères de la Jeunesse (agrément d’Éducation populaire) et de la Culture (subvention de 450.000 francs pour le démarrage).

PASSION D’OUTILS

Boosté par le partenariat télé, le service minitel s’étoffe : actualités, initiatives locales, annonces concerts et chat (animé par Isabel Rubin), graphisme télématique (avec l’Agence Mystère de Toulouse)… Les connexions se comptent en milliers.

En septembre 1987 paraît (enfin) le 1er Officiel du Rock, promu par le judicieux slogan « L’outil d’une passion !« .
Pour sa sortie, le CIR organise une conférence de presse et une fête de lancement au New-Moon, salle de concert à Pigalle, tenue par Éric Daugu-Débris, ex-Metal Urbain.
Cette première « Fête de l’Officiel » est un succès et installe un événement capable de réunir le monde du rock, comme le font déjà le Forum de la Rock-Création lancé par Bruno Boutleux et Pascal Chevereau en 1985 à Montreuil, ou, depuis mars, les États généraux du Rock lancés par Pierre Marty (Bigoudi Impérial) au Zénith de Paris.

Le CIR loue un bus à 2 étages et donne rendez-vous aux journalistes dans le 15e, avant de les emmener au New Moon, le temps de présenter l’ouvrage en détail

En avril 1988, le CIR s’installe dans des préfabriqués du Parc de la Villette. C’est un petit commando adepte des séminaires internes en mode startup.

Gilles Castagnac
Gilles Castagnac

Au sein de l’équipe, les fonctions se stabilisent notamment grâce à l’arrivée de plusieurs objecteurs de conscience, l’acquisition de matériel informatique et les piges de « chefs de rubriques », spécialistes qui apportent leur expertise professionnelle.

L’activité est toujours aussi intense et il n’est pas rare de dormir sur place. Emmanuel Legrand, alors journaliste à Show-Magazine et futur rédacteur en chef du magazine pan-européen Music & Media, résumera cette ambiance : « On avait l’impression qu’ils bouclaient un quotidien, alors que c’était un annuel« .Au sein de l’équipe, les fonctions se stabilisent notamment grâce à l’arrivée de plusieurs objecteurs de conscience, l’acquisition de matériel informatique et les piges de « chefs de rubriques », spécialistes qui apportent leur expertise professionnelle.

Isabel Rubin
Isabel Rubin
Diffusé avec une K7 de 5 groupes
recommandés par les correspondants
Diffusé avec une K7 de 5 groupes
recommandés par les correspondants

En octobre sort la 2e édition de L’Officiel du Rock. Elle double son nombre de pages et s’ouvre sur une partie magazine qui parle de clips, de tremplins, de la Loi de 85 sur les droits voisins, interviewe Marsu, Jules Frutos, Daniel Chenevez, Patrice Blanc-Francard… et met en valeur des projets de chaque région. S’y ajoutent des fiches pratiques et une extension européenne de l’annuaire.

En novembre, après Rock et Mécénat, un nouvel ouvrage vient ouvrir la future collection des « Métiers de la musique ». Profession Artiste, de Stéphan Le Sagère fait l’objet d’un partenariat BNP qui permet de l’offrir à 2.000 groupes et artistes inscrits dans les fichiers. Toute une génération découvre les cadres juridique, social et fiscal de l’activité de musicien.

Profession artiste

À L’ASSAUT DE L’INSTITUTIONNEL

Dans la foulée, le CIR intensifie son rôle pédagogique, déjà entamé avec le CIR-Conseil reposant sur l’entretien individuel. Une nouvelle formule s’adresse à un auditoire collectif sous la forme de stages courts d’une ou deux journées. Cela relève plus de la transmission que de la véritable formation ; les intervenants sont des professionnels en exercice. Ils témoignent, expliquent, partagent… Bientôt, cette initiative va rencontrer un projet plus formel. Bertrand Ledoux, manager du groupe Zéro de conduite, remet en janvier 1989 une d’étude de faisabilité pour une « formation de manager et des diverses professions des intermédiaires du spectacle ». Son commanditaire, André Laignel, Secrétaire d’État à la Formation professionnelle est maire de la ville d’Issoudun. La formation y verra le jour dix mois plus tard, avec l’appui de la fédération Léo Lagrange (INIREP) et l’ingénierie du CIR qui s’investit dans ce cursus de neuf mois, premier du genre et totalement iconoclaste dans l’imaginaire rock’n roll.

Mais c’est d’un autre ministère que va venir la véritable bascule. Revenu rue de Valois après l’éclipse de la cohabitation, Jack Lang fait entrer Bruno Lion dans son cabinet. Nommé en mai 1989, le président du CIR vient d’avoir 26 ans. Il est aussitôt rebaptisé « Mr Rock ».

Bruno Lion
Bruno Lion
Jack Lang & Bruno Lion
Jack Lang & Bruno Lion

Quatre mois plus tard, le 25 septembre, il lance un « Plan Rock », présenté à la presse par le ministre lui-même, à l’occasion de la sortie du 3e Officiel du Rock. La soirée se tient au Bus Palladium avec les VRP sur scène.

Le programme est très large et place le CIR à la manœuvre. On y trouve notamment un dispositif de professionnalisation d’artistes, le FAIR, pour lequel Bruno Boutleux a été recruté depuis mai, une agence des lieux musicaux dont la direction sera assurée par Jean-Christophe Bonneau (futur DAF du CNV) puis Maurice Lidou, une commission consultative (CCRV) composée de figures de la musique dont le rapporteur sera Gilles Castagnac, un « Plan Labels » qui soutiendra plus d’une cinquantaine d’entreprises (Bondage, Boucherie, Celluloïd, Silex…).

B Boutleux, C Guyot, G Castagnac, M Lidou, S Davet, MP Sandrin, F Drewniak, B Lion
© Serge Picard

Quelques jours auparavant, le conseil d’administration du CIR s’est élargi. Alex Dutilh (directeur du CENAM) et Bruno Rony (directeur-adjoint du FCM) y ont fait leur entrée et apportent leur caution au travail réalisé.

ROCK BIZNESS

En parallèle, le CIR ouvre encore un nouveau front en lançant son propre magazine professionnel — Yaourt — dont le premier numéro sort en septembre. Bimestriel, il paraîtra un peu plus de deux ans, produisant treize numéros, plusieurs hors-séries… et un “succès d’estime”, tant pour l’originalité de son contenu que pour son esthétique (directeur artistique : Yann Leuvrey, directeur de la photo : Franck Courtès).
A l’origine, le projet ne devait être qu’un découpage de L’Officiel du Rock, thématisant en “cahiers mensuels” chacun des huit chapitres (Scène, Disque, Studio…) de l’annuaire.

Yaourt
Y Levrey, G Castagnac, A Viviant,
N Leguénédal, F Courtès
Y Levrey, G Castagnac, A Viviant, N Leguénédal, F Courtès

A l’arrivée, c’est un véritable support de presse qui recrute Arnaud Viviant comme rédacteur en chef-adjoint.  A l’arrivée, c’est un véritable support de presse qui recrute Arnaud Viviant comme rédacteur en chef-adjoint. Mais, rapidement, l’économie du projet ne peut être supportée par le CIR et Yaourt s’autonomise en SARL, changeant son sous-titre pour devenir « le magazine du rock-bizness et de la création ». Rémi Bouton succède à Arnaud Viviant et de nombreuses plumes y collaborent.Las, malgré le renfort de Christian Roux, le titre ne parvient pas à trouver sa rentabilité et s’arrête en décembre 1991.

Pendant ce temps, le programme FAIR s’est installé, rejoint par Claude Guyot en tant que directrice artistique. Son premier exercice fait émerger trois cents candidatures recevables et retient par exemple les Thugs ou Elmer Food Beat.

Claude Guyot
Claude Guyot

Bien que créé par le ministère, le dispositif n’est pas hors-sol. La “patte” du CIR y est inscrite. Rapidement, les sociétés civiles (qu’on appellera ensuite SPRD, puis OGC) acceptent d’entrer dans son financement. De même pour le sponsor Ricard. Le concept a convaincu ; il s’émancipe rapidement en association “autonome” le 3 mars 1990. Mais le CIR ne s’arrête pas là et lance un annuaire européen.

EuroPop Book
EuroPop Book

En septembre 90 (moins d’un an après la chute du Mur), paraît la première édition de l’EuroPop Book, coordonnée par Stéphane Davet avec un réseau de vingt-neuf correspondants répartis sur tout le continent (plus le Québec).
La publication est en anglais. Il ne s’agit pas (que) d’un support pour l’export de la musique française, mais, fidèle au pragmatisme de l’équipe, d’un outil international susceptible d’aider un artiste grec à tourner en Irlande ou un label scandinave à trouver une distribution portugaise.
Cet annuaire connaîtra cinq éditions.

INGÉNIERIE

L’année 90 voit également se lancer un autre type d’intervention portée par le CIR.L’opération « Rock au lycée » démarre en avril. Elle implique les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, ainsi que le business proprement dit. Il s’agit de monter une tournée de concerts dans une quinzaine d’établissements et d’en prendre prétexte pour des conférence-débats sur les métiers avec des professionnels en exercice.Cette année-là, ce sont les Innocents qui s’y collent. Concrètement, le financement principal vient de la Délégation au Développement et aux Formations (DDF) du ministère de la Culture, mais la valorisation du tour support apportée par Virgin (300KF) est quasiment équivalente. Samia Djitli est missionnée pour assurer une coordination complexe de logiques peu familières. Le 5 mars, dans un lycée de Digne démarre un calendrier de douze dates qui iront de Toulon à Brive en passant par Brest ou Lille.

L’opération sera renouvelée deux fois, en 91 avec Poupa Claudio et en 93 avec les Wampas. De nombreux professionnels se mobilisent pour venir témoigner, tant du côté du spectacle (Patrick Delamarre…), que du disque (Jean-Pierre Weiller, Olivier Bas, Luc Natali…), des journalistes (Olivier Cachin, Alain Gardinier) ou du management (Cathy Couronne…). Megamix, l’émission de Martin Meissonnier sur la Sept (future ARTE) est partenaire.

L’éclectisme des protagonistes (du proviseur au sonorisateur en passant par le rectorat et la maison de disques) rend cependant le montage extrêmement fragile. Les menaces d’annulation font partie des négociations. Heureusement, le militantisme des correspondants régionaux parvient généralement à préserver la mobilisation événementielle de chaque étape. Mais l’exercice reste une démonstration volontariste.
Pour autant la demande de médiation est forte. Le CIR tente aussi de s’engager dans le conseil aux collectivités. Mais c’est un travail de longue haleine auquel l’Agence des lieux musicaux, financements à l’appui, saura un peu plus tard mieux y répondre.

En février 91, Maurice Lidou quitte la direction du CIR pour prendre celle de l’Agence des lieux musicaux. Les pionniers fondateurs sont dispersés et c’est Bruno Boutleux qui prend la relève.

De nouvelles recrues viennent alors compléter l’équipe, comme Jean Desessard qui prend le poste d’administrateur en août, Gilles Tordjman qui arrive aux éditions ou Bertrand Mougin qui inaugure celui de responsable des formations à partir de novembre. Après le département des éditions, un nouveau service interne s’amorce. De fait, les stages du CIR commencent à rayonner sur l’ensemble du territoire et l’implication dans la formation d’Issoudun nécessite un coordinateur pédagogique.

Bertrand Mougin
Bertrand Mougin
Formations Rock, état des lieux
Formations Rock, état des lieux

Si la réflexion sur la formation artistique est déjà bien développée dans le secteur, celle pour les “encadrants” s’amorce à peine. Là encore, le CIR est en tête de pont et anime un groupe de travail (CEMAFOR) réunissant formateurs pros et institutionnels. Un ouvrage collectif, Formations Rock, état des lieux paraît en juillet 92. Il témoigne de la dynamique naissante (points de vue, reportages, annuaire…) et se conclut par une Charte de qualité élaborée en commun. Défrichage et ralliement sonnent comme une méthode.

Gérant d’annuaires professionnels, le CIR surfe aussi sur sa capacité d’interconnexion pour produire des tables rondes et assurer des mises en débat.

ŒCUMENISME

Cette logique d’outillage amène le CIR à déborder son périmètre esthétique, d’autant plus que son positionnement le conduit à répondre à des commandes.

En novembre 91 sort Sans Visa (1e édition du guide des musiques vivantes de l’espace francophone). Coédité avec l’association Zone Franche, il est réalisé par le CIR à la demande (financée) du secrétariat d’État à la francophonie.

Dès sa 3e édition, L’Officiel du Rock avait intègré les musiques du monde. En 92, il devient simplement L’Officiel, sous-titré « rock, musiques du monde, jazz et variété ».

Dans le même esprit, le CIMT (Centre d’information des musiques et danses traditionnelles que vient de créer Jean-François Dutertre) sollicite le CIR pour adapter des stages à son propre public.
On parle de changer de nom… même s’il s’agit plus d’y signifier une implication dans la filière. Devenu « et des variétés » depuis 90, le CIR a ouvert son conseil d’administration à trois membres de droit institutionnels en novembre de cette même année, deux directions du ministère de la Culture (Catherine Giffard pour la DMD et Jean-Pierre Reismann pour la DDF) et celle de la Jeunesse et de la Vie associative (Jean-Pierre Lanfrey) pour le ministère Jeunesse et Sports

En octobre 92, Jean Davoust, PDG des éditions Warner-Chappell, et Charles Hurbier, patron du studio Mix It, entrent au conseil d’administration. Jean Davoust devient le président du CIR en janvier 93, succédant donc à Bruno Lion qui y voit « l’illustration d’une ouverture aux milieux professionnels déjà largement perceptible dans son
action ».

Bruno Boutleux, Bruno Lion et Jean Davoust
Bruno Boutleux, Bruno Lion et Jean Davoust

En regard, la nomenclature budgétaire s’établit grosso modo sur un triptyque : 50% de recettes propres (éditions, régie publicitaire, formations, prestations…), 40% de subventions publiques, 10% d’aides des organismes professionnels de la musique. Il faut dire que ces derniers ont vu leurs moyens décuplés depuis la Loi sur les droits voisins en 85. Le CIR qui définit son métier fondamental comme « collecter, mettre en forme et redistribuer l’information » est aux premières loges pour expliciter les nouveaux droits.Tout au long de ce déploiement, le CIR accumule des savoir-faire qu’il intègre dans son fonctionnement. Il assure lui-même la distribution de ses ouvrages, commercialise ses stages, ses espaces publicitaires, construit son propre outil informatique pour gérer ses bases de données… L’équipe approche désormais la quinzaine de “salariés”.

En janvier 93, Bruno Boutleux réunit au Midem le réseau des correspondants européens qu’il a formalisé sous le label MORE. Avec eux, il vient de réaliser la 3e édition de l’EuroPop Book.
L’international est à l’honneur et, tandis que Jean-François Michel créé le Bureau Export de la musique française, le CIR sort L’Export, cahier thématique conçu par Emmanuel Legrand et Stéphane Davet.

En promo au Midem : Isabel Rubin, Charles Hurbier, Gilles Castagnac et Bruno Boutleux
En promo au Midem : Isabel Rubin, Charles Hurbier, Gilles Castagnac et Bruno Boutleux
Carte à jouer

Le moment est aussi celui du besoin de structuration des lieux. La 7e édition de L’Officiel s’accompagne d’une Carte à jouer (120x90cm pliée à la manière d’une carte routière) sponsorisée par la FNAC. Elle positionne 375 salles de concert sur l’hexagone.
En septembre, à la demande de Didier Veillault, le CIR accueille deux journées de rencontre des “clubs rocks”, ébauche de la future Fédurok.

REBOND

Mais le développement volontariste de l’association ne lui a jamais permis de constituer de fonds de trésorerie. Début 93, le découvert négocié avec la banque atteint déjà le plafond autorisé. L’alternance politique fragilise la structure. De plus, l’arrêt du bail des locaux de la Villette est programmé pour 1994.

Dans ce contexte, la voilure est réduite en urgence. Cela passe par différents reports et des licenciements. Au bout de sept années d’existence, le CIR est en grande difficulté. Mais, paradoxalement, la reconfiguration institutionnelle lui offre une opportunité. Le CENAM est dissous et ses deux centres d’information, jazz et musiques traditionnelles, se retrouvent sans assise juridique.

Son directeur, Dominique Ponsard, détaché du ministère de la Culture, propose à Bruno Boutleux de restructurer le CIR afin de récupérer les deux missions orphelines. Ce dernier fait alors appel à Gilles Castagnac qui est en train d’écrire Profession Éditeur et termine deux rapports pour la DMD.

Dominique Ponsard, Philippe Krümm et Catherine Giffard
Dominique Ponsard, Philippe Krümm et Catherine Giffard

Ensemble, ils bâtissent un nouveau projet qui étend le périmètre d’intervention et formalise une mission d’intérêt général appuyée sur le principe de construction et de mise à disposition de ressources non financières.

Ce projet prendra corps sous le nom d’IRMA, centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles.
Début 94, l’association déménage pour s’installer dans le 10e arrondissement de Paris. La nouvelle enseigne qui communique sur la réunion des trois centres d’information est inaugurée le 26 avril.

Eric Daugu-Débris, Patrick Delamarre et Stefff Gotkovski
Eric Daugu-Débris, Patrick Delamarre et Stefff Gotkovski

En 96, l’IRMA organise un anniversaire pour les 10 ans qu’aurait eu le CIR s’il s’était poursuivi sous cette forme. A cette occasion, Gaëlle Fleitour, en stage, réalise un fanzine intitulé « La véritable histoire du CIR par ceux qui l’ont vécue ».